Janvier 2003




- Les Canadiens : sous la barre des 50%

Selon les résultats d’un récent sondage conduit par une firme québécoise, un peu plus de la moitié des Canadiens ne peuvent nommer l'un ou l'autre des droits garantis par la Charte canadienne des droits et libertés. La population de Colombie-Britannique semble en savoir le moins à ce sujet, 62 % des gens de cette province de la côte Ouest étant incapables de citer un droit de la Charte, selon l'enquête menée par la firme Léger Marketing. Ailleurs au pays, les pourcentages observés ont été les suivants : Manitoba et Saskatchewan, 57 %; Québec, 54 %; Ontario, 50 %; provinces de l'Atlantique, 48 %; et Alberta, 44 %. Dans l'ensemble du pays, le chiffre enregistré a été de 52 %. La liberté d'expression a été citée par 27 % des répondants. Elle a été suivie par la liberté d'opinion, la liberté de religion et le droit de parler sa propre langue, à 12 %.

Les écoles devraient commencer à enseigner les éléments de base de la Charte, cette dernière ayant un impact énorme sur la vie quotidienne de la population canadienne, estime Jacques Frémont, le doyen de la faculté de droit de l'Université de Montréal : «Je constate que mes enfants à l'école secondaire apprennent des choses au sujet du Guide alimentaire canadien pour manger sainement. Ils apprennent à lire les étiquettes des vêtements afin de ne pas les laver dans l'eau chaude ou l'eau froide.» «Ce serait peut-être une bonne chose pour eux qu'on leur montre leurs droits.»

En français: http://www.ledevoir.com/2002/11/18/13622.html

- Et les Étatsuniens d’Amérique?

Citant les résultats d’un sondage mené par Human Rights USA, Nancy Flowers, rédactrice et consultante en éducation aux droits de l’homme, écrit : «Chez nous, aucun étudiant ne peut obtenir son diplôme d’études secondaires sans avoir réussi un examen portant sur la Constitution [américaine]. Comme celle-ci ne dit rien des droits économiques ou sociaux, ni même de l’éducation, une majorité d’américains croient que les droits de la personne se limitent aux seules libertés civiles et politiques.» Citant le sondage en question, l’auteure souligne que 93 % des américains n’ont jamais entendu parler de la Déclaration universelle des droits de l’homme […]. Pour sa part, Human Rights USA fait observer que lorsque les Américains «pensent» droits de l’homme, ils présument que ces termes valent pour l’étranger tel en Afrique, en Bosnie ou en Colombie.

En français: http://www.chrf.ca/francais/publications_fran/files/bulletin/vol_13_n3_article.htm

En anglais: http://www.alternet.org/issues/humanrights.html

- Les priorités des Russes : certains droits économiques, sociaux et culturels

Selon l’Agence Interfax, 70% des Russes considèrent que l’éducation gratuite, les soins médicaux et un niveau de vie décent pour les personnes âgées sont les droits de l’homme les plus importants. Les autres choix décroissants sont les suivants : 44% pour la protection de la vie privée ; 25% pour le droit à la propriété ; 19% pour la liberté d’expression ; 12% pour le droit à l’information et 8% pour le droit d’élire leurs propres représentants au gouvernement.

En anglais:
http://www.interfax.ru/one_news_en.html?lang=EN&tz=0&tz_format=MSK&id_news=5610243

-------





Selon Katerina Tomasevsky, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur le droit à l’éducation., «L’allégement de la dette lorsque la charge est insoutenable et l’augmentation des financements internationaux en faveur de l’éducation sont essentiels pour renverser le mouvement de régression observé en ce qui concerne le droit à l’éducation, tout particulièrement en Afrique et en Asie centrale.» La Rapporteuse spéciale estime que pour prendre l’éducation en compte dans les politiques générales il faut intégrer les obligations internationales en matière de droits de l’homme dans le processus intergouvernemental de négociation de l’allégement de la dette. C’est ainsi que trois processus parallèles à l’échelle mondiale – allégement de la dette, éducation pour tous et présentation de rapports sur la situation des droits de l’homme – pourraient être reliés et, à terme, fusionnés, de conclure la rapporteuse.

In : Rapport annuel présenté par Mme Katarina Tomaevski, Rapporteuse spéciale sur le droit à l’éducation, en application de la résolution 2001/29 de la Commission des droits de l’homme.
En anglais:
http://www.unhchr.ch/Huridocda/Huridoca.nsf/0/396c9c8baae3dec1c1256b81005949dc/$FILE/G0210013.doc.

Voir aussi : Dette et éducation en Afrique. En anglais:
http://www.adeanet.org/newsletter/Vol13No2_fr/ ;
Le rôle des ONG dans la remise de la dette En anglais:
http://www.adeanet.org/newsletter/fr_latest/03.html



«Un bien que nous ne pouvons pas vraiment considérer comme "bien commun" tant que tous n'y auront pas accès. Un bien que nous ne pourrons jamais appeler "bien commun" si ceux qui gouvernent ne sont pas convaincus de leurs responsabilités permanentes. Et, sans aucun doute, un bien qui ne peut pas être laissé au seul jeu des forces du marché».

- Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’Unesco.
En anglais: http://www.unesco.org/bpi/fre/unescopresse/2000/00-100f.shtml



«Migrants et droit à l’éducation. Perspectives urbaines». Genève, 11-12 avril 2003. Ce colloque s’intéressera à la diversité culturelle en milieu urbain, phénomène conduisant à réfléchir sur le comment vivre ensemble et sur les moyens d’assurer la cohésion sociale. L’école participe d’emblée de cette réflexion, mais aussi les familles et les institutions dans leurs capacités respectives de renforcer la citoyenneté démocratique dans le respect du pluralisme culturel. Rencontre organisée en collaboration avec, entre autres, l’Association pour le développement des échanges et de la comparaison en éducation.
En français: http://www.unige.ch/fapse/pegec/Colloque/index_colloque.htm



- Repenser l’école

Rethinking Schools est un regroupement d’enseignants qui prit naissance dans la région de Milwaukee, aux États-Unis, en 1986. Le contenu du site de cette association permet de bien situer le courant de la «pédagogie critique» (critical pedagogy) et de prendre la mesure de sa contribution aux grands débats éducatifs qui ont cours actuellement aux États-Unis d’Amérique tels la place de l’école publique, les bons d’éducation (vouchers), la mondialisation et ses effets sur les orientations de l’éducation, la contribution du mouvement civil des droits et libertés aux apprentissages scolaires.

En anglais: http://www.rethinkingschools.org/about/index.shtml

- Pédagogies citoyennes

Le CEMEA (Centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active) est constitué d’un réseau de personnes impliquées à différents niveaux dans l’éducation. C’est un lieu de formation et de recherche sur les « nouvelles » pédagogies touchant toutes les couches de la population et tous les âges : l’éducation s’adresse à tous, elle est de tous les instants et elle doit se fonder sur l’activité et l’expérience (…). L’action du CEMEA s’exprime notamment par la promotion et la pratique d’une éducation à la citoyenneté.
En français: http://www.cemea.asso.fr/accueil.html



- Christian Laval et Louis Weber (coord.) «Le nouvel ordre éducatif mondial : OMC, Banque mondiale, OCDE, Commission européenne». Paris : Syllepse, 2002.

«L’OMC, la Banque mondiale, l’OCDE et la Commission européenne voient d’abord dans l’éducation et la formation un instrument au service de l’économie. Elles veulent, comme il est dit de façon lancinante dans leurs écrits, y adapter les systèmes éducatifs, les rendre plus flexibles, généraliser la logique managériale directement importée des entreprises. Voire, comme le voudrait l’Organisation mondiale du commerce, faire de l’éducation une marchandise, dont la vente sur un futur marché national et international de la formation obéirait aux règles ordinaires des transactions commerciales, et transformer les établissements scolaires en fournisseurs de services dont les élèves et les étudiants seraient les consommateurs plus ou moins solvables.»
En français:
http://www.institut.fsu.fr/Editions_Nouveaux_Regards/nouvel_ordre_educatif_presentation.htm


- «De la non-violence en éducation»

C’est le titre d’un ouvrage réalisé pour le compte de l’Unesco par Jean-Marie Muller, membre-fondateur du Mouvement pour une alternative non-violente et Directeur des études à l’Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits. L’auteur écrit : «C’est donc une exigence essentielle de la pédagogie de désarmer le regard des enfants envers les autres et, tout particulièrement, envers ceux dont l’identité sociale est marquée par une différence.»

En français: http://www.irnc.org/
En anglais:
http://portal.unesco.org/education/ev.php?URL_ID=1261&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201

- Et aussi…

Le Courrier de l’Unesco : «L’école, aussi, peut être violente». En Afrique, écrit-on, la violence scolaire n’est pas celle des élèves mais plutôt celle que le système scolaire leur impose. C’est, en tout cas, le point du vue d’un expert burkinabé.

En français: http://www.unesco.org/courier/2001_04/fr/education2.htm